Déclaration de la troisième Conférence Ouest Africaine sur l’Agriculture écologique et biologique

v

Ce jour Vendredi 29 Août 2014, nous les participants à la troisième conférence Ouest Africaine sur l’agriculture écologique et biologique tenue à Cotonou du 27 au 29 Août 2014 sur le thème : ‘Institutionnalisation de l’agriculture écologique et biologique en Afrique de l’Ouest’.

Constatons que le système agricole et alimentaire global actuel est non durable au triple plan écologique, économique et sociopolitique en raison de son impact négatif sur l’environnement, les ressources naturelles et la biodiversité, son incapacité à nourrir le monde et résoudre le problème de la faim. Le continent Africain est particulièrement concerné avec environ 3,3% de perte du Produit Intérieur Brut agricole chaque année à cause de la dégradation des sols. Nous ne faisons pas cas de la pollution des ressources aquatiques, la contamination de la santé humaine et animale et l’amenuisement de la biodiversité du fait des pratiques agricoles conventionnelles. Et malgré tout ceci plus de 200 millions d’Africains, soit environ 23% de la population, souffrent encore de faim ;

Reconnaissons la nécessité de développer des modèles alternatifs de production et de commerce pour juguler la crise écologique, économique et sociopolitique du système agricole et alimentaire actuel;

Reconnaissons le potentiel de l’agriculture écologique et biologique y compris le commerce équitable à contribuer à l’amélioration de la sécurité alimentaire, la préservation de l’environnement et des ressources naturelles, la résilience des communautés rurales, et la construction d’un monde de justice et de solidarité intra et intergénérationnelle ;

Apprécions et encourageons les efforts des différents acteurs, notamment la société civile (ONGs, Organisations de producteurs, structures religieuses), les réseaux nationaux et internationaux, les entreprises privées, les organisations de recherche et les divers partenaires techniques et financiers, qui pendant longtemps ont œuvré pour l’émergence d’une conscience environnementale et la promotion d’une agriculture respectueuse de l’environnement, économiquement viable, socialement juste, et culturellement adaptée ;

Saluons la clairvoyance des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine pour la résolution Doc. EX.CL/631 (XVIII) en faveur de la promotion de l’agriculture écologique et biologique au regard de sa potentialité à contribuer à la sécurité alimentaire, à la réduction de la pauvreté rurale et à la résilience au changement climatique.

Remercions la Commission de l’Union Africaine pour la facilitation et l’appui à la mise en place de l’Initiative Agriculture Ecologique et Biologique visant l’intégration des principes et valeurs de l’agriculture écologique et biologique dans les politiques et programmes de développement agricole des pays africains ;

Exprimons notre gratitude aux principaux partenaires techniques et financiers, notamment la Coopération Suisse pour le Développement (DDC) et la Société Suédoise de Conservation de la Nature (SSCN) pour leur appui financier à la mise en œuvre de cette initiative ;

Reconnaissons que malgré le chemin parcouru et les ‘success stories’ le développement de l’agriculture écologique et biologique sur le contient africain, et en Afrique de l’Ouest en particulier, est encore confronté à de nombreux défis dont la :

  • la recherche, la documentation et la communication sur les avantages de l’agriculture écologique et biologique ;

  • l’insuffisance d’infrastructures de connaissances (recherche, vulgarisation, enseignement) sur l’agriculture écologique et biologique ;

  • la dépendance de l’agriculture écologique et biologique des systèmes semenciers conventionnels;

  • le coût élevé de la certification bio et des produits issus de l’agriculture biologique;

  • l’inexistence ou insuffisance du marché intérieur;

  • le manque d’information et d’engagement des consommateurs dans la promotion de l’agriculture écologique et biologique ;

  • la perception dominante erronée de l’agriculture écologique et biologique comme une option de luxe, moins pertinente pour l’Afrique ;

  • l’absence ou manque de politiques nationales en faveur de l’agriculture écologique et biologique ;

Sommes parvenus à la conclusion que la meilleure stratégie pour relever les principaux défis susmentionnés reste l’institutionnalisation de l’agriculture écologique et biologique ;

Recommandons que l’institutionnalisation de l’agriculture écologique et biologique doit tenir compte de la complexité du contexte écologique, économique et sociopolitique du continent africain et de la région ouest africaine en particulier, et s’intégrer dans une perspective holistique, inclusive en intégrant la diversité de catégories d’acteurs (décideurs politiques, ONGs, secteur privé, recherche/universités, vulgarisation/conseils, organisations de producteurs, associations de consommateurs) du niveau supra au sub national et vice-versa ;

Recommandons au niveau régional :

  • Sous le leadership de Afronet et la Plateforme Ouest Africaine de l’agriculture écologique et biologique le développement d’un standard régional ouest africain sur l’agriculture écologique et biologique à l’image du Kilimo-hai en Afrique de l’Est afin de baisser le coût de la certification et ouvrir la voie à la possibilité d’un standard unique africain à moyen terme qui aura plus de légitimité politique en terme d’accréditation par l’Union Européenne, les Etats-Unis et le Japon qui constituent aujourd’hui les principaux marché des produits bio en particulier

  • la mise en place d’une coalition régionale sous l’égide de la CEDEAO et du CORAF/WECARD pour l’intégration des principes et valeurs de l’agriculture écologique et biologique dans les mécanismes et initiatives régionaux de développement agricole (recherche développement, vulgarisation-conseils, commerce) 

  • la mise en place d’un système régional d’information sur le marché pour les produits de l’agriculture écologique et biologique plus de transparence et l’amélioration des relations d’affaires dans les chaînes de valeurs agricole écologique et biologique

Recommandons au niveau national :

  • l’intégration de l’agriculture écologique et biologique dans les lois et politiques d’orientation agricole et la prise de décrets et d’actes administratifs valorisant le terroir, les paysages et intégration de l’agriculture, de l’élevage, de la pêche, et de la foresterie de même que le caractère sacré de la vie (Produire sans détruire) ;

  • le renforcement du dialogue entre la science, la politique, et la société par la promotion de la transdisciplinarité et de l’approche écosystémique dans la recherche et le développement  agricole;

  • la réforme de l’enseignement et de la vulgarisation par l’intégration des valeurs, principes et standards de l’agriculture écologique et biologique dans les curricula de formation à tous les niveaux d’enseignement général et technique ;

  • la consécration de 1% des budgets nationaux à la promotion de l’agriculture écologique et biologique

  • le renforcement de la place et de la position des femmes et des jeunes dans l’agriculture écologique et biologique par la facilitation de leur accès à la formation et l’information sur l’agriculture écologique et biologique

Recommandons au niveau local :

  • l’appui institutionnel à la promotion du Système participatif de garantie (SPG) pour favoriser le développement du marché local des produits de l’agriculture écologique et biologique ;

  • la valorisation des spécificités socioculturelles, de la tradition et des connaissances des communautés locales dans le développement de l’innovation agricole ;

  • l’intégration des principes de l’agriculture écologique et biologiques dans les plans de développement communaux.

Félicitons la Plateforme Béninoise pour l’Agriculture Ecologique et Biologique et le comité d’organisation pour le succès de cette troisième édition de la Conférence Ouest Africaine sur l’agriculture Ecologique et Biologique ;

Remercions les principaux partenaires techniques et financiers qui supporté cet événement, notamment la Coopération Suisse pour le Développement (DDC), FiBL, ProCAD/Banque Mondiale, Biovision, Helvetas Intercoopération, AfroNet, FARA et OBEPAB.

Exhortons tous les participants et les différentes partenaires techniques à œuvrer pour la mise en application des recommandations issues de cette conférence ;

Apportons notre soutien à la Plateforme du Mali pour l’organisation de la prochaine Conférence ouest africaine en 2016 au Mali ;

Poursuivons notre engagement commun pour la promotion d’une agriculture vertueuse sur le continent africain, et en Afrique de l’Ouest en particulier.

Fait à Cotonou le 29 Août 2014,

Les participants à la Conférence

Advertisements

Placé sous le thème « institutionnalisation de l’agriculture écologique et biologique en Afrique de l’ouest », la troisième conférence Ouest-Africaine sur l’Agriculture Ecologique et Biologique qui a démarré le 27 aout 2014 à Cotonou a réuni connu la présente de représentants de plusieurs structures qui s’intéressent à l’agriculture biologique. Il s’agit entre autres de : Forum for Agricultural Research in Africa (FARA) ; Institut de recherche de l’agriculture biologique (FiBL); Helvetas; African Organic Network (AfrOnet); Biovision ; Organisation Béninoise pour la Promotion de l’Agriculture Biologique (OBePAB); Programme Cadre d’Appui à la Diversification Agricole ( ProCAD)  et surtout la Coopération Suisse

Cette conférence a réuni plus de 300 participants venus de plusieurs pays tels que le Kenya, le Bénin, l’Ouganda, le Ghana, la Côte d’Ivoire, le Mali, le Sénégal, le Niger, le Burkina Faso, le Nigeria, la France, la suisse, l’Italie, etc.

IMAG0755

Des allocations faites par les diverses personnalités présentes, nous pouvons retenir :

  • l’allocution de bienvenue du président du Comité d’organisation de cette conférence;

  • l’allocution du représentant de Afronet

  • l’allocution de la représentante de la commission de l’Union Africaine ;

  • l’allocution du représentant de la Banque Mondiale ;

  • l’allocution du Ministre de l’environnement chargé de la gestion des changements climatiques, du reboisement, et de la protection des ressources naturelles et forestières du Bénin ;

  • l’allocution du Ministre de l’agriculture, de l’élevage et de la pêche du Bénin.

Une plage artistique vient finir cette session de bienvenu de l’événement afin de montrer.

Des différentes allocutions, il faut retenir que les autorités à divers niveaux reconnaissent que l’agriculture biologique et écologique demeure un enjeu de développement et qu’il urge d’intégrer l’agriculture biologique et écologique dans les projets et programmes afin de préserver notre planète et mieux nourrir le monde.

Article écrit par Sourou Hervé Nankpan, journaliste citoyen pour la conférence WACOAg

The second day of the third West Africa Conference on ecological and organic agriculture started with the session on Participatory Guarantee Systems.

Indeed, all apart the world, there are many methods of organic quality assurance for the marketplace among which the Participatory Guarantee Systems (PGS). Participatory Guarantee Systems (PGS) certify producers based on active participation of stakeholders and are built on a foundation of trust, social networks and knowledge exchange.

During this session, Musa.K.MUWANGA Chief executive officer for NOGAMU shared experiences from Uganda in how to organize smallholder farmers in Participatory Guarantee Systems (PGS). He has shown that PGS gain attention in Ouganda but is also faced by many challenges.

image 3

Lazare YOMBI presented the case study of participatory guarantee systems (PGS) in West Africa and especially in Benin. For him, PGS is a tool for development of local market in Africa. In the same way, he considered certification as a productivity factor. PGS is also an answer to the ethics requirements for organic certification and allow reducing costs for certification for many producers. To conclude his communication, Lazare YOMBI said there are two main actors in PGS: direct (productor) and indirect actor (incoming provider, state services). He thinks that that success of PGS depends on the engagement of different actors in Benin and the need to reduce challenges faces by organic agriculture and to create a network.

The final communication was done by Dr. Allison LOCONTO (INRA/FAO) and was about the importance of institutional innovations on PGS. She said that PGS is a novel ways of organizing public and private actors, organizations, institutions (including rules/regulations). After it, she presented six cases studies on innovations around the world. (Bolivia, Colombia, India, Philippines, Namibia, Uganda). We can retain after this presentation that PGS facilitates collective marketing by putting “culture” back into agriculture. Moreover, some lessons need to be take account. Continuous capacity building is fundamental as well as cost reduction in order to motive for developing PGS. Finally smallholder inclusion in the value chain is crucial.

This panel of discussion is composed of eminent personality on organic agriculture. Moreover key international institutions on organic agriculture as FAO, IFOM, Helvetas were represented. PGS is recognized and promoted as the alternative and scientific method of organic farm certification.

Article écrit par Christel Kénou, journaliste citoyen pour la conférence WACOAg

The Third West African Organic Agriculture Conference will take place in Cotonou (Benin) on 26-29 August 2014. The central theme of this Third West African Organic Agriculture conference is entitled: “Institutionalizing Ecological and Organic Agriculture in West Africa under Climate change”. This conference provides an opportunity to contribute to defining mechanisms to integrate the principles of organic and ecological agriculture in agricultural development policies and strategies in West Africa countries.

During this conference, activities and discussions will be organized around three main sessions, five parallel meetings and one panel, excursion. The following thematic areas will be addressed at the conference:

For the first day, the three main sessions will be presented as:

  • Session 1: Ecological and organic agriculture for food and improvement of the living conditions of the populations in West Africa: Currents status and challenges
  • Session 2: Institutionalizing ecological and organic agriculture: Currents status, challenges and perspectives.
  • Section 3: Participatory Guarantee System

During the second day, topics developed will be as follow:

  • Parallel session 1: Ecological and organic agriculture and adaptation to climate change
  • Parallel session 2: Ecological and Organic Agriculture: what contribution to food security and poverty reduction?
  • Parallel session 3: Socio-economy of the production of organic cotton in West Africa
  • Parallel session 4: Innovation Platforms of for the promotion of ecological and organic Agriculture
  • Parallel section 5: Access mechanisms and governance of seed for ecological and organic agriculture; what biotechnical risks?
  • Panel: Political support for integration of ecological and organic agriculture: Currents status, Challenges and perspectives.

The third day marks the end of the conference and will be focused on excursion on Sémé-Kpodji and on different organic shop.

Don’t miss this conference and know more about current status and challenges of ecological and organic agriculture in West Africa, follow us on twitter and Facebook via tag #WACOAg3 and the account @baclababel for my tweets;facebook.com/fagbandou for my posts.

Traduit en anglais par par Kenou Christel, journaliste citoyen pour la conférence WACOAg

Image: Uniband.org

Système Participatif de Garantie pour certifier les produits “biologiques”

Au cours des dix dernières années, la consommation mondiale de produits biologiques a plus que triplé et cette tendance ne cesse d’augmenter. Dans de nombreux pays africains, le marché local et national des produits biologiques est très faible. Une majeure partie de ces produits sont alors destinés à l’exportation et ceci constitue un défi pour les pays africains. L’authenticité d’un produit biologique est alors garantie aux consommateurs habitant loin des lieux de production par des systèmes de certification indépendants parmi lesquels les Système participatifs de garantie (SPG).

Les Systèmes de Garantie Participatifs (SPG), bien que développés localement en fonction des spécificités nationales et des contextes culturels, répondent à un objectif unique : fournir une garantie crédible pour les consommateurs à la recherche de produits biologiques (certifier biologique une production agricole). Les SPG sont plus accessibles que les autres systèmes de labellisation externes (onéreux) et ont été notamment développés pour favoriser le commerce biologique en responsabilisant les producteurs. La différence avec les autres systèmes de certification est donc dans l’approche : la participation directe des agriculteurs, des consommateurs et d’autres  parties prenantes dans le processus de certification.

Durant une des sessions de la 3ème Conférence Ouest Africaine sur l’agriculture biologique, les présentateurs partageront des enseignements tirés partout dans le monde sur les systèmes participatifs de garantie et des exemples d’application et d’innovation. Au total 5 présentateurs animeront cette section. Musa (Uganda) débutera cette section sur le partage d’expérience sur le système participatif de garantie en Afrique de l’Est. A sa suite, Manjo Smith et Stephen Barrow présenteront le système participatif de garantie et les innovations y afférents en Namibie. A travers la communication de Alison Loconto et d’autres professionnels de la FAO,  il sera présenté l’importance des innovations institutionnelles dans les systèmes participatifs de garantie. Enfin, Hervé Bouangnibeck présentera les résultats d’une étude comparative sur les interractions entres les SPG et les processus sociaux.

Article écrit par Christel Kénou, journaliste citoyen pour la conférence WACOAg

Create a free website or blog at WordPress.com.

Up ↑

%d bloggers like this: